La liberté d’expression mise à mal : un documentaire sur le Loup censuré par des syndicats corporatistes agricoles.
Une décision controversée
Le 26 mars 2025, le lycée forestier de Meymac devait diffuser « La Part du loup », un documentaire de sensibilisation sur le Loup en Limousin. Face aux menaces (à peine voilées) de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze, le directeur du lycée a cédé sous la pression et déprogrammé la projection et la conférence qui devait la suivre.
Réactions indignées
Pour le naturaliste Vincent Primault, « ça s’appelle de la censure« , après l’annonce de la déprogrammation du film documentaire qu’il a coréalisé, intitulé « La Part du loup ». « C’est une atteinte à la démocratie et à la liberté d’expression« .
Dans un communiqué intitulé « Loup : la provocation de trop !« , la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Corrèze ont exprimé, le lundi 10 mars 2025, leur « indignation » en apprenant la projection du film prévue le 26 mars 2025, devant les élèves du BTS gestion forestière du lycée de Meymac en réclamant son « annulation immédiate« .
Selon les informations de France 3 Nouvelle Aquitaine, le directeur du lycée forestier de Meymac aurait cédé pour laisser la polémique à l’extérieur de l’établissement. La préfecture de la Corrèze nie toute intervention auprès du chef d’établissement.
Que voilà un directeur d’établissement guère courageux. Cela fait tâche dans une Corrèze qui a été terre de résistance.
La projection du documentaire aurait dû être suivie d’une conférence animée Bérengère Yar, photographe et animatrice. Celle-ci se dit à la fois « surprise » et « choquée » par cette déprogrammation.
Accusations fallacieuses de « propagande »
Dans leur communiqué de presse, les syndicats corporatistes agricoles attaquent les auteurs du documentaire : « Il est inacceptable qu’une telle propagande anti-élevage soit diffusée, encore plus dans un établissement d’enseignement professionnel ! » Voici le visage de la liberté d’enseignement façon FNSEA.
Bérengère Yar réfute l’accusation de parti pris : “Je ne suis pas pro-loup, ni anti-loup. »
Nous sommes désagréablement surpris que Madame Bérengère Yar, présentée comme étant une « animatrice pour FERUS » ne soit pas une pro-loup. Nous regrettons cette position et appelons à une prise de conscience collective sur l’importance de la protection du Loup en France.
Les anti-loups refusent tous dialogues
Pourquoi la vérité sur le Loup fait-elle si peur ? Cette polémique intervient après une pétition en ligne contre une autorisation de tirs à tuer dans la partie corrézienne du plateau de Millevaches.
La FDSEA et les JA 19 racontent en pleurnichant que « Son [le loup] installation en Corrèze est une menace directe pour nos éleveurs, nos troupeaux et tout un pan de notre économie rurale. » Il est vrai que de nombreux industriels ovins ont été dévorés par le Grand Méchant Loup…
Quant à madame Bérengère Yar, « [elle] pense que c’est une réaction qui est liée à la peur de cet animal.”
Les grands dadais de l’industrie animale ont peur du Loup alors que, durant des siècles, la garde des troupeaux était confiée à de jeunes enfants ou à des personnes âgées.
Un peu partout en France, des documentaires sur le Loup sont censurés ou menacés sous la pression des responsables de l’industrie animale.
Rejoignez-nous pour défendre la liberté d’expression et soutenir la libre diffusion des documentaires .
association Le Klan du Loup

3 réponses
Pour avoir un peu parcouru les sentiers du Devoluy, du Champsaur, de l’Embrunais, du Queyras et du Briançonnais, je peux témoigner de l’évolution que j’ai pu constater au fil des ans (j’ai aujourd’hui 77 ans…). J’ai connu de bons bergers qui avaient de bonnes compétences, un solide savoir-faire et surtout un amour de leur tâche. Il connaissaient parfaitement « leur » montagne, son ensoleillement, ce qui leur permet de conduire et déplacer le troupeau dans des pâturages choisis d’expérience afin d’optimiser leur « broutage ». En fin d’après-midi, s’il constataient une absence (car ils connaissaient chacune des bêtes de différents propriétaires), ils parquaient les quelque 2000 à 2500 bêtes dans une double protection de clôture avec les patous qui circulaient entre les deux, pour aller chercher, avec 2 borders, le ou les égarés. Les inspections et soins étaient très fréquents : soigner les plaies dues à des chutes de pierres, passage des animaux détectés atteints du piétins dans des pédiluves en prenant soin de changer le bain régulièrement pendant l’opération, taille de la corne des pattes atteintes,… De nos jours, j’ai souvent vu, le soir approchant, le berger enfourcher son enduro pour descendre dans la vallée où, semble-t-il, il avait mieux à faire…
Concernant les attaques, j’ai rencontré, effectivement, au cours d’une balade entre les Chalets de Clapeyto et Brunissard une meute de chien sauvages de diverses races qui ont été surpris alors que j’arrivais au lac de Neal. Ils se sont enfuis et ont grimpé la Tête Noire en rien de temps. Je suppose que leur présence en ce début d’été près des prairies de Clapeyto n’était pas le fruit du hasard.
Bonjour Jacques,
Merci pour votre témoignage qui corrobore ce que nous savons et ce que nous voyons.
Dans la première partie de votre commentaire, vous décrivez parfaitement ce qu’est le métier de berger/chevrier.
Dans la seconde partie, vos écrivez ce que sont les « bergers 2.0 », le plus souvent l’industriel ovin lui-même ou des néo-ruraux.
Accepteriez-vous que nous publions votre témoignage, sous la forme d’un article dans notre site ?
Salutations lupines.
Le KDL
merci M. Guizol pour maitriser le sujet et le dire