Photographie d'un loup vu de face, dans un paysage de neige.
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Cohabiter avec le Loup en France : Témoignages et traces d’une rencontre en forêt

Oubliez les contes et les légendes de férocité. Sur le terrain, la réalité du loup est bien différente : celle d’un animal discret, fuyant l’homme et habitant la forêt avec une dignité farouche. Entre traces de pas ou de raquettes et empreintes fraîches dans la neige, découvrez pourquoi ceux qui arpentent vraiment nos montagnes n’ont plus peur du ‘Grand Méchant Loup’.

L’appel dans la nuit : une quête de traces

C’est l’hiver… il neige… il fait nuit… entre 4 et 5 h du matin…
En pleine forêt, un hurlement… Celui d’un loup ? Non, d’un homme…
Un homme à la recherche du loup. Un loup va-t-il répondre ? Non, seul le vent dans les pins, accompagné par les flocons de neige, me répond.
Des empreintes de loup dans la neige ? Non plus. Pourtant je suis bien au cœur du territoire d’une meute de 3 loups.
Je hurle encore 2 fois… Rien… Le silence… aucune réponse…
Alors on se dit qu’on peut être seul…
Seul dans la nuit, dans la forêt, avec un ou plusieurs loups… envahi par quel sentiment ? La peur ?
Non, jamais ! Et pourtant je viens de hurler plusieurs fois pour peut-être les attirer vers moi, dans l’espoir et l’excitation de les rencontrer.
La forêt, avec tous ses animaux, de jour ou de nuit, a toujours été un véritable refuge ! Un refuge où chaque être vivant a sa place ! Le loup y compris !

La découverte : quand les pistes se croisent

Alors continuons le récit de cette sortie : je décide de monter au col afin de trouver peut-être des indices de leur présence.
La forêt s’éclaircit et les conditions météo deviennent exécrables ; le vent s’est renforcé et la neige ne tombe plus à la verticale, mais vient directement me fouetter le visage.
Plus haut, ce sera encore pire, et comme je ne décèle aucun indice de présence de la meute, je décide de rebrousser chemin et de redescendre par une piste parallèle à celle de la montée.

La descente est commencée depuis 15 minutes quand soudain, des empreintes, dans une direction perpendiculaire à ma piste, viennent couper ma direction de descente.
Ce sont les traces fraîches d’un loup !
Pas de temps à perdre, suivons-les. Je progresse hors sentier derrière ses traces ! 10 minutes après, je récupère une piste où des traces joignent celles du loup.
Des traces d’autres loups ? Non, des traces de chaussures.
Ce sont les miennes, à faible distance de là où j’ai hurlé, commençant à monter au col. Ces traces s’arrêtent aux miennes ; il en a fait le tour, s’arrêtant pour les sentir.

Un passage furtif et pacifique

Qu’a-t-il fait après ?
Il s’en est détourné, il a continué son chemin hors de tout sentier pour disparaître dans la forêt.
J’étais seul, dans la nuit, en plein hiver, j’ai hurlé, il est venu vers moi, il a senti mes traces, puis, comme je ne présentais pas d’intérêt pour lui, il s’en est allé, il a passé son chemin.
Cette sortie est une parmi des centaines, exclusivement dédiées à tenter de les rencontrer, de jour ou de nuit, avec un nombre incalculable de fois où je n’ai trouvé absolument aucun indice de leur présence.
La peur du loup, je ne l’ai jamais connue, même quand je l’ai rencontré en face à face : c’est lui qui s’est enfui…

Paroles de randonneurs : la réalité du terrain

Je rencontre souvent des personnes de tout âge en randonnée sur le territoire de différentes meutes, avec qui je discute.
En hiver, je rencontre un homme faisant seul une sortie en raquettes et, après s’être mutuellement émerveillés de la beauté des paysages, c’est lui qui a abordé le sujet du loup. Il me raconte que depuis le début de sa rando, il n’a vu aucune trace dans la neige, visiblement déçu de ne pas en avoir rencontré.
Comme si leur présence, juste par leurs traces, aurait donné une autre dimension à sa sortie.

Je croise un autre jour, un dimanche, un jeune couple avec leur fils d’une dizaine d’années, se baladant tranquillement, profitant d’une belle journée ensoleillée en forêt, et quand le sujet du loup est abordé, ils me disent qu’ils sont au courant, qu’ils savent qu’il y a des loups. Leurs visages ne se sont pas figés à l’évocation du mot loup ; ils n’ont exprimé ni crainte ni peur, y compris leur fils. Ils ont continué leur balade comme si de rien n’était.

Des instants magiques et inoubliables

Un matin, assez tôt, je rencontre 3 personnes, des « locaux », n’ignorant bien évidemment pas que le loup est présent. Nous avons discuté longuement à ce sujet, notamment parce qu’une personne du groupe l’a vu à 100 m de distance, pas très loin de là où nous étions. Le loup est sorti d’un petit bois dans une pente rocheuse, regardant dans sa direction, puis est retourné dans le bois.
Connaissant le site, et au ton de sa voix, j’en ai déduit que cette rencontre était inoubliable et magique, et que finalement elle espérait bien que cela se reproduise.

D’autres qui ont passé une nuit sur le terrain, revenant souvent à cet endroit en sachant qu’il y a des loups, semblent indifférents à cet état de fait.
Pour un groupe de jeunes venant d’une région sans la présence de loups, ayant planté leurs tentes et après avoir déjà passé une nuit sur place, ils semblaient surpris, mais pas apeurés ; mais surtout, ils se demandaient quoi faire s’ils en rencontraient un.

Apprendre à observer

Simplement ne pas bouger, ne pas crier, simplement l’observer le temps qu’il voudra bien vous accorder, profiter de cette rencontre qui, malheureusement, sera bien trop courte, et simplement regardez-le se détourner de vous et disparaître dans la nature.

Voilà, c’étaient quelques témoignages, dont le mien, véridiques, sincères et authentiques. Et si le loup fait preuve d’une férocité implacable cherchant à attaquer l’Homme, ce n’est que dans la bouche ou les écrits de certains, par pure affabulation.

Amarok

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